Sunday, September 29, 2013

The Man who Loved Women


Sex sells. Or at least in today’s society, the marketing world strategically incorporates erotic imagery in advertisements to gain consumers’ attention. If the moniker “sex sells” is true for advertisements, could it also be true in art?  In nude paintings, does the artist aim to “sell” something by enticing us with the image of a naked and supple body?
When looking through Felix Vallotton’s artistic catalog, the amount of nudity is great. Vallotton used naked women in any context, from nude women bathing to nude women playing with kittens.


Félix Vallotton, Nude Women with Cats, c. 1897-1898.
Oil on cardboard, 41 x 52 cm.
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne

Vallotton, like most artists, appreciated beauty, including the beauty of the naked human body.  But while the artist might have seen the beauty of the female form, what exactly does the observer experience when confronted with subtle eroticism?

Ads never use full-on nudity, and that is fine since partial nudity is enough to awaken our inhibited carnal desires.  A seductive glare, suggestive body language, and enough bare skin can capture our attention and have our imaginations running wild.


Burberry Advertisement
Saunders, Bryan. “Sexy Women in Advertising and Marketing: Does it Work?”
02.09.2011

When looking at Vallotton’s nudes, we can claim to be admiring his palette choice or his masterful technique, but the truth is many are staring at the nakedness of the subject, admiring the realistic contours of her body and thinking about more.


Félix Vallotton, Reclining nude on a red carpet
Musée Petit Palais Genève (Switzerland)

Vallotton did art not ads, so he obviously never snuck a consumer product into the corner of his paintings, but the sensuality in art and ads is similar.If Vallotton does not want to sell us a kitten or a red carpet, what purpose does nudity in art serve?

Maybe Vallotton is selling us a lie. When looking at nude art, we can say we are appreciating fine arts, not salivating over pornography.  Maybe Vallotton is selling us a free ticket to openly admire and discuss something that is taboo.


To learn more about Vallotton and other Nabis artists, check out the Paris Intense: The Nabis- From Bonnard to Vallotton at the NeuePinakothek running until the 30th of September. Or you can also grab a copy of Felix Vallotton Natalia Brodskaia.

Vallotton: One of Art’s Greatest Over-Achievers


Sur la plage, 1899.
Oil on cardboard, 42 x 48 cm.
Private collection.
Courtesy of Kunsthaus Zurich.

Félix Vallotton is perhaps the chameleon of the Nabis era. With a traditional start in academic and portrait painting, Vallotton mastered printmaking, portrait painting, wood engraving, Nabis-style genre scenes and nudes, and then moved on to Realism before leading the way for the New Objectivity movement. He did not stop at painting, however, but tried his hand at writing no fewer than eight plays and three novels. Whilst these may not have been the most significant or even best-selling tomes of their time, it was still a remarkable achievement. After adding landscapes, still life painting, and sculptures to his already impressive repertoire, the resulting impression of this artist is that he was not only a style chameleon, but a fantastic over-achiever.

But why was Vallotton so eager to try his hand at so many different mediums, styles, and genres? Could it be that he was simply overdosing on coffee, or was he, in fact, trying to carve out a niche for himself in a highly competitive environment? It can absolutely be acknowledged that he succeeded in doing this, for certain with his work amongst the Nabis, and also in his eventual expertise in woodcuts. Why then continue adapting and reworking what he had already come to master? In all of his trials, successes, and celebrity, one theory is that Félix Vallotton never truly found the voice that he felt that he should have. In this quest to achieve perfection, he may certainly have acquired a great deal of prowess working in certain fields, but there was always a ‘next goal’. Something bigger, something better, and something to be strived for. In this lies the key to innovation and great artistic breakthrough. While many are happy settling with a success they have achieved, it is the Steve Jobs, Albert Einsteins, and Mark Zuckerbergs of this world who step beyond that to not only ask for success, but to revolutionise. Within this group, Vallotton has definitely earned his place.

For your chance to catch a rare glimpse of some of Vallotton’s elusive artworks, hidden for years in private collections, get yourself over to Zurich! The Kunsthaus, Zurich, is hosting Félix Vallotton. Precious Moments, an exhibition combining the gallery’s own impressive collection with those of private collectors, running until the 15th September. If you really can’t make this exciting exhibition, go ahead and grab a copy of the new Félix Vallotton by Nathalia Brodskaïa.

- Fiona Torsch

Quand Vallotton s’en va-t-en guerre.

Vallotton le Nabi étranger, Vallotton le graveur, Vallotton le portraitiste, Vallotton le peintre de paysage, Vallotton peintre postimpressionniste, Vallotton peintre de la modernité artistique… À l’encontre des fondements mêmes de l’histoire de l’art et de ses principes méthodologiques, il est impossible de classer Félix Vallotton définitivement dans une catégorie. Il suffit de comparer ces deux toiles pour le comprendre :
à gauche: Le Bain au soir d'été, 1892-93, Kunsthaus de Zurich droite: La Malade, 1892, Huile sur toile 74 x 100 cm, © Coll.Part.

Toutes deux réalisées la même année, ces tableaux nous montrent à quel point Vallotton est insaisissable. La nuque de la malade est saisissante de réalisme et si l’on colle son nez sur l’écran, on aperçoit les reflets d’une fenêtre invisible dans les bouteilles posées sur la table de chevet. D’un autre côté, les femmes au bain sont constituées de grands aplats de couleurs et se rapprochent presque de l’illustration. Les choses sont claires : il se moque de nous, pauvres historiens de l’art. Néanmoins, il y a un domaine dans lequel Vallotton n’a pas semblé être a son aise ; la peinture de guerre.

Comment exprimer l’horreur de la guerre ?

Cette question a du être sur toutes les lèvres, dans tous les esprits, mais peu d’artistes ont réellement cherché à l’interpréter dans leurs toiles. Étrangement, le secrétaire d’État aux Beaux-Arts, Albert Dalimier, a institué des missions artistiques aux Armées en 1916, afin de constituer une collection nationale d’art moderne sur le conflit. Pourquoi vouloir constituer une galerie d’art consacrée à la guerre ? Aujourd’hui cette démarche m’échappe ; que penserait l’opinion publique d’Aurélie Filippetti, si elle lançait un appel d’offre pour envoyer des artistes suivre l’armée française au combat, afin de constituer une collection ? Quoi qu’il en soit, Félix Vallotton, jugé trop vieux pour s’engager dans l’armée, saute sur l’occasion et réalise, entre autre, cette œuvre :

Verdun, tableau de guerre interprété, projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz, 1917 Huile sur toile, 114 x 146 cm. Musée de l'Armée, Paris  Agence photographique de la Réunion des musées nationaux.


Je ne sais pas vous mais personnellement ce Verdun ne me fait pas grand-chose. Je ne le trouve pas très imposant, ou spectaculaire ou même informatif. Félix Vallotton semble partager cet avis : Que représenter dans tout cela ? […] Peut-être les théories encore embryonnaires du cubisme s’y pourront-elles appliquer avec fruit ? Dessiner ou peindre des « forces » serait bien plus profondément vrai qu’en reproduire les effets matériels, mais ces « forces » n’ont pas de forme, et de couleur encore moins. Quel est le rôle d’un artiste durant un conflit ? L’État Français avait manifestement décidé d’en faire des journalistes, ou peut être les représentants d’une ère. J’ai toujours imaginé qu’une guerre devait laisser les gens alertes mais paradoxalement hébétés et assommés, plongés dans une incompréhension totale faute d’informations ou de prise de conscience. D’ailleurs, on retrouve souvent dans les témoignages d’artistes de la Première mais aussi de la Seconde Guerre mondiale, cette incapacité à exprimer leur désarroi et à s’adapter à un quotidien nouveau. Vallotton évoque des « forces » qui vont au-delà de la représentation, des forces qui échappent à la compréhension. J’imagine que ces forces sont la mécanisation, la vitesse (comment représenter la vitesse ?) et la brutalité. La guerre apporte un champ de réflexion particulier qui requiert des nouveaux codes iconographiques.

El Lissitzky, Battez les Blancs avec le triangle rouge, lithographie de 1920.


J’aime beaucoup cette affiche de l’artiste russe Lazar Lissitzky ; elle ne représente rien. Au premier abord. Puis l’on se s’aperçoit que le triangle rouge est en train de forcer le passage dans l’harmonie du cercle blanc et que les mots semblent nous hurler dessus. En pleine guerre civile, Lissitsky montre avec force le conflit entre les communistes en rouge et les réactionnaires antisémites en blanc. Cette affiche de propagande (il faut bien le dire), est une interprétation de la guerre parmi bien d’autres : Guernica de Picasso bien sur, mais aussi Fernand Léger et son Soldat à la pipe, la plaine de Wijtschaete d’Otto Dix ou encore le paysage désertique de Paul Nash visible dans We are making a new world. Je réitère : face à la puissance des œuvres citées ci-dessus, le Verdun de Félix Vallotton ne fait pas le poids. Il a voulu exprimer la souffrance et la brutalité mais il n’était pas un peintre de guerre. Il était le nabi étranger, le graveur, le portraitiste, le peintre de paysage, le peintre postimpressionniste, le peintre de la modernité artistique…Et c’est déjà beaucoup. Vous retrouverez toutes (ou presque) les œuvres de Félix Vallotton dans l’excellent ouvrage de Nathalia Brodskaia, « Félix Vallotton : le Nabi étranger ». Il s’agit d’une Étude détaillée de la biographie, de l’œuvre, mais aussi de la carrière de l’artiste. Également paru récemment chez Parkstone International, « L’Art de la Guerre » de Sun Tzu & Victoria Charles vous expliquera bien mieux que moi les subtilités du genre.

Le dimanche après-midi.

Le /coup de Vent, 1894. Xylographie.
Le Coup de Vent, 1894. Xylographie
Cyniques, drôles, critiques acerbes ou parfois poétiques… Les gravures de Félix Vallotton s’éloignent définitivement de l’image un peu barbante que vous pouviez vous faire de l’art de la gravure. Vous pouvez me croire, elles sont vraiment drôles ! Comme cette snob qui tente de garder toute sa dignité malgré un gros coup de vent : 

La Paresse, 1896. Xylographie. The Museum of Modern Art, New York
La Paresse, 1896.
Xylographie.
The Museum of Modern Art, New York
Ses gravures qui dépeignent en toute simplicité la vie quotidienne parisienne, permettront à Vallotton de se faire un nom. Non seulement en France, mais partout dans le monde. On comprend pourquoi en observant La Paresse ; ici Vallotton a su capter un instant que je trouve magique. En choisissant cette scène anodine, l’artiste en fait un sujet a part entière qui nous parle à tous. Après une longue sieste roulé en boule, le chat a été réveillé par un bruit extérieur. Parce qu’il s’ennuie ou parce qu’il a faim, il décide de réveiller la jeune femme. Ou peut être qu’il a guetté patiemment qu’elle s’éveille à son tour avant de s’approcher. Quoi qu’il en soit, elle tend le bras nonchalamment, les idées encore embrumées par le sommeil. Les jambes repliées montrent que son corps se réveille doucement. Bientôt, le chat va décider qu’elle est suffisamment éveillée pour lui mordiller les doigts. Gentiment d’abord, mais comme les chats s’emportent toujours, il va surement la griffer un peu trop fort. Alors, la sieste sera officiellement terminée.

The Museum of Modern Art, New York[/caption] Une seule critique : cette gravure n’aurait pas du s’appeler La Paresse, mais Dimanche après-midi. Retrouvez les gravures de Félix Vallotton dans le très bel ouvrage de Nathalia Brodskaia ; Félix Vallotton : le Nabi étranger en format papier ou sur Ebook.